Les banques inquiètes du comportement de clients en perte de confiance - LeMonde.fr

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Les banques inquiètes du comportement de clients en perte de confiance

LEMONDE | 24.01.12 | 14h42   •  Mis à jour le 24.01.12 | 14h45

Le risque de bank run (

Le risque de bank run ("ruée bancaire") constitue la hantise des banquiers.AFP/JACQUES DEMARTHON

Des milliers d'épargnants se pressant aux guichets des banques pour retirer leur épargne, des scènes de panique répétées partout sur le territoire... Le risque de bank run ("ruée bancaire"), avec ses épisodes célèbres dans l'Histoire - au Royaume-Uni en 1797, lors des guerres napoléoniennes, pendant la crise de 1929 aux Etats-Unis ou tout récemment, en 2008, en Grande-Bretagne, autour de la banque Northern Rock - constitue la hantise des banquiers.

Ce risque est surveillé de très près aujourd'hui, alors que deux crises financières successives, en 2008-2009, puis depuis l'été 2011, ont entamé la confiance des consommateurs envers les banques. Selon un sondage de l'institut TNS pour ING Direct, réalisé en novembre 2011 auprès de 1 000 personnes et paru le 17 janvier, un tiers des Français (29 %) ont perdu confiance en leur banque, près d'un sur deux (46 %) estimant que celle-ci n'agit pas dans leur intérêt.

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Pour l'instant, toutefois, cette défiance ne se traduit pas sur le terrain. Les banquiers restent sereins. Ils assurent que les retraits d'espèces aux guichets sont "marginaux". "Nous avons eu un peu peur à l'automne 2011, lorsque des rumeurs, infondées, ont circulé sur des banques européennes et notamment françaises qui se seraient trouvées à court de liquidités, témoigne un banquier préférant rester anonyme. Il y a eu des retraits d'espèces en 2011, entre fin septembre et début octobre, mais limités, et surtout beaucoup de questions sur la solidité de nos banques auxquelles nous nous sommes efforcés de vite répondre."

Foule aux abords du New York Stock Exchange, le 29 octobre 1929.

Foule aux abords du New York Stock Exchange, le 29 octobre 1929.AFP/UPI

RÉPARTIR LES AVOIRS

De fait, les consommateurs ont appris de 2008, et de la chute de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, qu'une banque, même solidement capitalisée, pouvait tomber du jour au lendemain. La crise des dettes souveraines de l'été 2011 - accentuée, le 13 janvier, par la perte du triple A français - a ajouté au climat anxiogène et au sentiment de fragilité générale des banques. En un an, celles-ci ont perdu plus du tiers de leur valeur en Bourse.

Sans céder à la panique en retirant leurs dépôts, nombre de clients, souvent aisés, ont choisi, pour sécuriser leur épargne, de répartir leurs avoirs dans plusieurs banques. Une recommandation des associations de consommateurs pour bénéficier au mieux de la loi française sur la garantie des dépôts, plafonnée à 100 000 euros par client et par établissement. D'autres épargnants ont fait migrer leur argent dans des banques qu'ils assimilent à l'Etat, comme La Banque postale. D'autres, enfin, ont résilié leur contrat d'assurance-vie, inquiets de le savoir investi en dettes d'Etat. Ils ont placé leur épargne dans des livrets bancaires.

"La crise de confiance envers les banques n'est pas palpable sur les marchés financiers. Mais le discours de François Hollande, dimanche 22 janvier 2011, fustigeant la finance devant 25 000 personnes, ne peut qu'accroître le malaise", estime Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.

Anne Michel

Article paru dans l'édition du 25.01.12

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Les banques inquiètes du comportement de clients en perte de confiance

LEMONDE | 24.01.12 | 14h42   •  Mis à jour le 24.01.12 | 14h45

 

Le risque de bank run (

Le risque de bank run ("ruée bancaire") constitue la hantise des banquiers.AFP/JACQUES DEMARTHON

 

 

Des milliers d'épargnants se pressant aux guichets des banques pour retirer leur épargne, des scènes de panique répétées partout sur le territoire... Le risque de bank run ("ruée bancaire"), avec ses épisodes célèbres dans l'Histoire - au Royaume-Uni en 1797, lors des guerres napoléoniennes, pendant la crise de 1929 aux Etats-Unis ou tout récemment, en 2008, en Grande-Bretagne, autour de la banque Northern Rock - constitue la hantise des banquiers.

Ce risque est surveillé de très près aujourd'hui, alors que deux crises financières successives, en 2008-2009, puis depuis l'été 2011, ont entamé la confiance des consommateurs envers les banques. Selon un sondage de l'institut TNS pour ING Direct, réalisé en novembre 2011 auprès de 1 000 personnes et paru le 17 janvier, un tiers des Français (29 %) ont perdu confiance en leur banque, près d'un sur deux (46 %) estimant que celle-ci n'agit pas dans leur intérêt.

Pour l'instant, toutefois, cette défiance ne se traduit pas sur le terrain. Les banquiers restent sereins. Ils assurent que les retraits d'espèces aux guichets sont "marginaux". "Nous avons eu un peu peur à l'automne 2011, lorsque des rumeurs, infondées, ont circulé sur des banques européennes et notamment françaises qui se seraient trouvées à court de liquidités, témoigne un banquier préférant rester anonyme. Il y a eu des retraits d'espèces en 2011, entre fin septembre et début octobre, mais limités, et surtout beaucoup de questions sur la solidité de nos banques auxquelles nous nous sommes efforcés de vite répondre."

 

Foule aux abords du New York Stock Exchange, le 29 octobre 1929.

Foule aux abords du New York Stock Exchange, le 29 octobre 1929.AFP/UPI

 

RÉPARTIR LES AVOIRS

De fait, les consommateurs ont appris de 2008, et de la chute de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, qu'une banque, même solidement capitalisée, pouvait tomber du jour au lendemain. La crise des dettes souveraines de l'été 2011 - accentuée, le 13 janvier, par la perte du triple A français - a ajouté au climat anxiogène et au sentiment de fragilité générale des banques. En un an, celles-ci ont perdu plus du tiers de leur valeur en Bourse.

Sans céder à la panique en retirant leurs dépôts, nombre de clients, souvent aisés, ont choisi, pour sécuriser leur épargne, de répartir leurs avoirs dans plusieurs banques. Une recommandation des associations de consommateurs pour bénéficier au mieux de la loi française sur la garantie des dépôts, plafonnée à 100 000 euros par client et par établissement. D'autres épargnants ont fait migrer leur argent dans des banques qu'ils assimilent à l'Etat, comme La Banque postale. D'autres, enfin, ont résilié leur contrat d'assurance-vie, inquiets de le savoir investi en dettes d'Etat. Ils ont placé leur épargne dans des livrets bancaires.

"La crise de confiance envers les banques n'est pas palpable sur les marchés financiers. Mais le discours de François Hollande, dimanche 22 janvier 2011, fustigeant la finance devant 25 000 personnes, ne peut qu'accroître le malaise", estime Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.

Anne Michel

Article paru dans l'édition du 25.01.12

 

Genre, le désaccord - LeMonde.fr

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Genre, le désaccord

LE MONDE CULTURE ET IDEES | 14.01.12 | 20h11   •  Mis à jour le 14.01.12 | 20h11

La France est sans doute l'un des seuls pays au monde où les esprits s'échauffent sitôt que l'on évoque une réforme, même prudente, de la grammaire ou de l'orthographe. En 1990, la disparition de certains accents circonflexes - voute ou paraitre - et la soudure de quelques mots composés - portemonnaie ou pingpong - avaient fait frémir les puristes : l'aval de la prestigieuse Académie et du Conseil supérieur de la langue française n'avait pas suffi à apaiser la sainte colère des défenseurs de l'orthodoxie.

Une petite décennie plus tard, la féminisation des noms de titres et de métiers avait plongé la France dans une bataille linguistique sans merci : lorsqu'Elisabeth Guigou ou Martine Aubry s'étaient fait appeler "Madame la ministre", les Académiciens avaient solennellement demandé l'aide du président de la République "en une affaire qui, dans les hauteurs de l'Etat, porte atteinte à la langue française".

En France, on ne plaisante pas avec la langue. Elle a son histoire, bien sûr, mais aussi son gardien : quai Conti, quarante académiciens dotés d'un bicorne, d'une cape, d'un habit vert et d'une épée veillent sur le bon usage du français avec une attention jalouse. Cette compagnie de lettrés tient son mandat du cardinal de Richelieu : les lettres patentes de Louis XIII consacrant son existence ont été enregistrées par le Parlement en 1637. Dans ce texte, Louis, roi de France et de Navarre, appelé par Dieu à la conduite de l'Etat français, proclame sa volonté d'enrichir la langue "de tous les ornements convenables à la plus illustre et à la plus ancienne de toutes les monarchies qui soient dans le monde". L'Académie, conclut-il, aura pour mission de "rendre le langage français non seulement élégant mais capable de traiter tous les arts et toutes les sciences".

Aujourd'hui, certaines féministes rêvent pourtant de bousculer ce bel ordonnancement linguistique régi par une institution vieille de bientôt quatre siècles. Le monde a changé, proclament-elles, il serait bon que la langue française en prenne acte. L'objet de leur courroux est une règle de grammaire dont l'énoncé leur semble provenir d'un autre monde : "Le masculin l'emporte sur le féminin."

Au nom de ce principe, l'adjectif qui qualifie plusieurs noms de genres différents s'accorde automatiquement au masculin : les garçons et les filles sont ainsi prêts pour l'école, de la même manière que les hommes et les femmes sont beaux. L'adjectif se met en effet au "genre indifférencié, c'est-à-dire au masculin", résume Le Bon Usage de Maurice Grevisse. "Dans les représentations, cette règle fait des femmes et du féminin les invisibles de la langue", s'insurge Clara Domingues, docteure ès lettres et secrétaire générale de l'association L'égalité, c'est pas sorcier.

Pour tenter de "révolutionner les écrits, les correcteurs d'orthographe et nos habitudes", L'égalité, c'est pas sorcier, la Ligue de l'enseignement, Le monde selon les femmes et Femmes solidaires ont lancé une pétition - "Que les hommes et les femmes soient belles !" -, qui demande à l'Académie française de réformer l'accord de l'adjectif (Petitions24.net). "Cette règle de grammaire apprise dès l'enfance sur les bancs de l'école façonne un monde de représentations dans lequel le masculin est considéré comme supérieur au féminin", affirme ce texte, qui a déjà recueilli plus de 3 300 signatures.

Les pétitionnaires demandent l'application d'un nouveau principe, la règle de proximité : lorsque les noms sont de genres différents, l'adjectif s'accorderait avec le mot le plus proche. Par la grâce de ce dispositif égalitaire, les manteaux et les vestes seraient blanches et non plus blancs, tandis que les garçons et les filles nous sembleraient gentilles, et non plus gentils. "Cette règle serait souple, note Clara Domingues. Il suffirait de l'enseigner à l'école et de laisser ensuite vivre la langue."

Les signataires savent bien que leur requête sera le plus souvent accueillie par des soupirs de lassitude et des haussements d'épaules exaspérés. Que de simagrées, diront certains. Est-ce une priorité en ces temps de crise mondiale, se demanderont d'autres. L'égalité hommes-femmes se joue ailleurs que dans les règles de l'accord de l'adjectif, concluront les moins malveillants.

Mais les associations tiennent bon. "Dès l'enfance, cette règle inscrit dans le symbolique l'idée que l'un des sexes est supérieur à l'autre, souligne Henriette Zoughebi, vice-présidente (PCF) chargée des lycées au conseil régional d'Ile-de-France. Je le dis en songeant à ma carrière professionnelle de bibliothécaire et à mon amitié pour les livres : c'est la langue qui permet de dire le réel, c'est elle qui transforme, ou non, les choses. Si l'on veut donner de la visibilité aux femmes dans l'espace social, il faut adopter la règle de proximité, qui est à la fois simple et souple : elle redonne de la liberté et du jeu à la langue."

Contrairement à ce que certains pourraient penser, la règle de proximité n'a rien d'une élucubration féministe du XXIe siècle. En grec ancien, l'adjectif épithète qualifiant des noms de genres différents ne se mettait pas systématiquement au masculin, comme il le fait aujourd'hui en français : il s'accordait avec le nom le plus proche, en vertu de la fameuse règle de proximité. Le Grand Dictionnaire des lettres (Larousse) souligne qu'en latin il en était de même : "Au latin remonte l'accord de l'épithète, s'il y a plus d'un nom support, avec le plus rapproché, précise l'ouvrage. Cet usage domine (irrégulièrement) en ancien français."

Et de citer la Chanson de Roland, qui applique, lorsqu'elle raconte la mort du chevalier à Roncevaux, la règle de proximité défendue par les féministes de 2012. "La langue du Moyen Age pratiquait ordinairement l'accord avec le donneur le plus proche, confirme l'ouvrage de Grevisse. Les auteurs du XVIIe et même ceux du XVIIIe suivaient encore assez souvent l'ancien usage."

A cette époque où l'Académie française voit le jour, la règle de proximité est encore très présente mais elle fait l'objet de débats : elle chagrine le poète François de Malherbe (1555-1628) mais elle ne déplaît pas au grammairien Claude Favre de Vaugelas (1585-1650) - l'un des premiers membres de l'Académie ! -, qui recommande d'écrire "le coeur et la bouche ouverte" ou "des travaux et des chaleurs excessives".

Dans ses Remarques nouvelles sur la langue française (1675), l'abbé Bouhours estime cependant que ces phrases ont, "ce me semble, quelque chose qui fait de la peine" : il avoue n'avoir "jamais pu se résoudre" à appliquer une règle qui "laisse ainsi un substantif en l'air" - le malheureux nom masculin, auquel l'adjectif ne fait plus écho. Racine, lui, utilise tour à tour les deux constructions, écrivant, par exemple, dans Athalie (1691) : "Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières, consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières."

La règle précisant que le masculin l'emporte sur le féminin finit par s'imposer au XVIIIe pour des raisons qui ne doivent pas grand-chose à la linguistique : à cette époque, la supériorité masculine va tout simplement de soi. "Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte", affirme l'abbé Bouhours en 1675. "Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle", complète élégamment, en 1767, le grammairien Nicolas Beauzée.  

"Cette règle grammaticale qui instaure la domination du masculin sur le féminin est historiquement très datée : elle nous renvoie à la monarchie absolue, au Roi-Soleil et au catholicisme triomphant, regrette Jacqueline Costa-Lascoux, directrice de recherches au CNRS. La langue, c'est l'architecture de la pensée. Nous sommes au XXIe siècle : adoptons donc la règle de proximité, qui est plus simple et plus esthétique. Elle sonne mieux à l'oreille, elle offre plus de liberté dans l'écriture, et surtout, elle est plus égalitaire."

Il existe un endroit où cette règle, que beaucoup d'enfants utilisent spontanément pour des raisons d'euphonie, est appliquée : les éditions Cogito ergo sum, une toute petite maison qui a publié quatre ouvrages depuis sa fondation, en avril 2011.

Au début de chaque livre, une note de l'éditeur indique que, pour l'accord de l'adjectif, il applique la règle de proximité. "On ne peut pas parler d'égalité hommes-femmes sans poser la question de la langue, car la grammaire porte l'empreinte de la domination masculine, affirme le fondateur de Cogito ergo sum, Frédéric Seaux. C'est un détail, mais un détail symbolique d'une importance incroyable ! Je sais, bien sûr, que la langue est un héritage, mais il ne faut pas hésiter à la bousculer, il faut qu'elle soit vivante. Nous essayons d'apporter notre petite pierre à l'édifice de l'égalité, mais c'est une goutte d'eau dans la mer : il faudra sans doute plusieurs générations pour que la règle de proximité finisse par être réintroduite."

Car l'Académie veille. Et l'Académie n'aime guère les révolutions. En présentant les ajustements orthographiques de 1990, le secrétaire perpétuel de cette vénérable assemblée, Maurice Druon, avait fermement écarté l'idée d'une "réforme bouleversante qui eût altéré le visage familier du français" : il préconisait au contraire de "sages" aménagements correspondant à "l'évolution de l'usage". Autant dire que la règle de proximité ne correspond pas à ces critères.

"La règle de l'accord de l'adjectif est d'un usage constant depuis trois siècles, et je n'ai pas l'impression qu'elle fasse l'objet de débats chez les grammairiens, ni que l'usage, chez les Français, soit hésitant, note Patrick Vannier, chargé de mission au service du dictionnaire de l'Académie. L'Académie ne cède pas aux modes, elle s'inscrit dans la durée. Et c'est normal : nous sommes tous attachés à la langue que nous avons apprise. Les réformes de l'orthographe demandent toujours du temps pour s'installer dans l'usage."

L'Académie française, qui a attendu 1980 pour accueillir sa première Immortelle - Marguerite Yourcenar -, sait ce que patience veut dire : bien que les femmes aient massivement investi le monde du travail, la dernière édition de son dictionnaire considère encore qu'une présidente n'est pas une femme qui exerce les fonctions de président mais l'épouse d'un président, comme la présidente de Tourvel dans Les Liaisons dangereuses.

Cette touche surannée qui ramène les femmes plus de deux siècles en arrière est un peu la marque de fabrique de l'Académie : lors du débat sur la féminisation des noms, à la fin des années 1990, elle avait élaboré une distinction acrobatique entre la fonction - qui fait abstraction du sexe et qui ne peut être féminisée - et l'activité - qui peut l'être car elle relève d'une identité personnelle. Elle recommandait donc très sérieusement d'écrire : "Le médecin des hôpitaux, Mme Isabelle Martin, est nommé directeur de l'hôpital d'Alençon. Dans sa nouvelle activité de directrice, elle n'exercera plus son métier de chirurgienne." L'Académie a pour mission de rendre la langue "pure", précisait le statut de 1635...

Dans un vieux pays comme la France, la langue peine à s'adapter à l'immense révolution qu'a représentée, depuis les années 1960, l'égalité hommes-femmes. D'autres contrées se sont laissé plus facilement bousculer par l'évolution des moeurs : c'est le cas du Québec, où l'on emploie couramment les termes "auteure" ou "écrivaine". "Comme quoi le phénomène social que constitue l'accession des femmes au marché du travail peut réellement affecter la structure de la langue", conclut Geneviève Prevost, universitaire à Paris-V, dans La Féminisation des noms de métiers (L'Harmattan, 1998). Le très sérieux Office québécois de la langue française évoque d'ailleurs, pour l'accord de l'adjectif, deux constructions : la règle "habituelle", qui veut que le masculin l'emporte sur le féminin, et la règle de proximité, qui n'est pas "incorrecte grammaticalement". "A quand la France ?", demandent malicieusement les pétitionnaires d'Internet.

Anne Chemin

 

Une étude affirme que la durée de travail des salariés français à temps plein est l'une des plus basses d'Europe

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Une étude affirme que la durée de travail des salariés français à temps plein est l'une des plus basses d'Europe

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 12.01.12 | 09h01   •  Mis à jour le 12.01.12 | 12h33

La durée de travail des salariés français à temps plein est la plus faible d'Europe après la Finlande selon une étude de l'institut Coe-Rexecode publiée mercredi 11 janvier. La Roumanie est le pays où l'on travaille le plus dans l'Europe des 27 et l'Allemagne se situent à la 15e place. L'institut économique, qui se base sur des données comparables fournies par Eurostat, avance que les salariés français à temps plein ont travaillé 1 679 heures en 2010, "soit 224 heures de moins que l'Allemagne" ou "177 heures de moins que le Royaume-Uni" et 134 heures de moins que les Italiens. C'est en France que la durée a le plus diminué depuis 1999 (–270 heures). A titre de comparaison, selon l'OCDE, les Français ayant un emploi ont travaillé en moyenne 1 562 heures en 2010, plus que les Allemands (1 419 heures) mais moins que les Britanniques (1 647 heures).

En revanche, la durée effective annuelle de travail des travailleurs indépendants et des salariés à temps partiel en France se situe dans la moyenne haute en Europe (respectivement 2 453 et 978 heures). Coe-Rexecode souligne qu'ils ont une durée effective moyenne de travail "supérieure de près de 50 % à celle des salariés à temps plein". En 2010, ils ont travaillé en moyenne 774 heures de plus que les salariés à temps plein. A l'inverse des salariés à temps plein, les travailleurs indépendants français ont eux une durée moyenne de travail parmi les plus importantes d'Europe des 27 avec l'Allemagne et l'Autriche.

Ces chiffres, qui distinguent l'emploi salarié et non salarié, permettent, selon Coe-Rexecode, de disposer de chiffres comparables entre les pays européens et ainsi"de corriger certains jugements erronés selon lesquels, par exemple, la durée du travail serait plus élevée en France qu'en Allemagne". Coe-Rexecode estime que la stratégie française de baisse de la durée du travail a échoué et préconise delibérer la durée du travail par des accords d'entreprises, ce qui "conduirait à une augmentation du taux d'emploi et du pouvoir d'achat en France".

Ces chiffres sont publiés quelques jours avant le sommet social du 18 janvier lors duquel doit être discutée la possibilité de conclure des accords "compétitivité-emploi", permettant d'ajuster la durée du travail et le montant des salaires dans les entreprises selon la conjoncture. Selon Coe-Rexecode, "le dynamisme démographique de la France est un atout majeur dont la France peut tirer parti par des réglementations de l'emploi moins restrictives et un meilleur fonctionnement du marché du travail".

La colère de Bernard Thibault

 

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a dénoncé l'étude Coe-Rexecode. M. Thibault a estimé que cette étude "d'un organisme économique patronal s'efforce de montrer que les Français ne travaillent pas assez""Cette campagne de culpabilisation des salariés dans notre pays atteint ses limites", a-t-il ajouté à l'issue d'un entretien avec le candidat PS à l'Elysée François Hollande, à son QG de campagne. "Ce n'est pas très original : nous coûtons trop cher, nous ne travaillons pas assez, nous fraudons sur les prestations sociales", a-t-il ajouté, déplorant que"malheureusement beaucoup de médias se laissent avoir par des études qui sont loin d'être scientifiques""Du point de vue des rémunérations, nous sommes en dessous de la main-d'œuvre en Allemagne et du point de vue du temps de travail, nous sommes très comparables", a assuré le secrétaire général de la CGT, mais"nous avons des organismes patronaux qui s'efforcent d'entretenir la culpabilisation des salariés français".

Organise efficacement tes flux RSS

Organise efficacement tes flux RSS

Aller, inutile de se cacher, je sais qu'on est tous pareils...

On commence par suivre gentiment quelques sites et blogs, puis une dizaine, puis plusieurs dizaines... et on se retrouve quelques mois plus tard avec des milliers de liens classés tant bien que mal, qui nous sautent à la figure dès l'ouverture de notre lecteur de flux RSS préféré.

Il est temps de reprendre la main cher ami !

Cet article s'adresse principalement aux utilisateurs fidèles du lecteur de flux le plus utilisé, j'ai nommé Google Reader. Pour les autres, il y a peut-être de bonnes idées à prendre dans cet article, mais tu peux aussi partager ta propre expérience en commentaire. Non, tu DOIS le faire en fait. C'est une obligation. Ou des millions de liens morts viendront hanter tes jours et tes nuits. On ne rigole avec le partage ici. devil

Un peu de ménage pour commencer

Ménage en cours

Supprime les inactifs

Tendances Google ReaderTu as de la chance, tu as un allié très utile pour ça. Regarde bien dans la colonne de gauche de Google Reader, un petit lien "Tendances" t'emporte dans le monde merveilleux des statistiques. C'est là, dans le cadre en bas à droite intitulé "Abonnements", que tu vas pouvoir détecter les flux inactifs, ou aussi peu actif qu'un député à l'Assemblée Nationale.

Google dans sa grande bonté t'offre même la possibilité de te désinscrire directement à partir de cette interface, via la petite icône symbolisant une poubelle américaine (bah oui, pas de bac marron, jaune ou vert cheeky).

L'onglet "Les plus rares" ne te donne pas ceux publiant le moins, mais ceux possédant le moins d'abonnés. Tu as parfaitement le droit de suivre des blogs totalement inconnus du reste du monde (je te conseille même de le faire) mais cela pourrait t'alerter de certaines anomalies quand même.

Quant à l'onglet "Fréquemment mis à jour", il t'indique les bavards de la bande, t'inondant quotidiennement d'articles qu'il t'est impossible de suivre en entier à ton plus grand désespoir. Pas de raisons de se désabonner de ceux là, mais s'ils sont nombreux il va falloir penser à s'occuper de leur cas pour les filtrer efficacement. Mais on en reparle plus loin (quel suspense insoutenable, un vrai film d'action à l'américaine cool Décidément, on sait qui domine le monde.).

A la chasse aux doublons

Tu peux tout d'abord essayer de jeter un oeil à l'onglet "Tous les éléments" pour essayer de détecter des articles en double. Comment est-ce possible ? Des blogs mal configurés possédant plusieurs flux identiques, des flux imbriqués dans d'autres (ex : un blog avec un flux "général" reprenant tous les articles + un flux par catégorie)...

De la même manière, attention à ton classement dans les dossiers. S'il peut te paraître logique de classer dans deux dossiers un blog traitant de deux thèmes différents, n'oublie pas que tu verras défiler devant tes yeux les mêmes articles plusieurs fois lorsque tu parcourras tes dossiers. Inutile et mangeur de temps.

Taille dans le vif

Il va à présent falloir être impitoyable. Sans remords. Assoiffé d'espace et de clarté.

Lis-tu vraiment tous les blogs que tu as retenu ?

Il y en a sans doute certains qui te paraissaient intéressants au moment où tu les a ajouté... mais si tu n'as lu aucun article depuis de longs mois, il y a peut-être une raison. Cela peut être l'occasion de redécouvrir des pépites oubliées... ou de supprimer définitivement de ta vue des choses qui ne t'intéressent pas vraiment. Ton temps est précieux, ton attention comptée, pas de pitié je t'ai dis.

Filtre ce qui t'intéresse vraiment

Feed Rinse

Les sous-flux

Certains sites et blogs te proposent déjà des flux différents, classés par catégories par exemple, ou mettant en avant les articles les plus populaires. N'hésite pas à fouiller pour trouver ce qui correspond vraiment à ce que tu recherches.

Astuces pour les blogs sous Wordpress :  Il est possible d'obtenir un flux personnalisé en ajoutant /feed derrière l'URL d'un tags ou d'une catégorie. Exemple : www.site.com/tag/web/feed

Créé tes propres filtres

Pas de panique si la majorité des blogs que tu veux suivre ne proposent pas cette option, il y a une méthode de ninja pour faire la même chose avec n'importe quel flux !

Plusieurs méthode même :

- Feed Rinse : un service presque magique qui te permet de filtrer un flux par mot-clé, tag ou auteur. Tu lui donnes un flux entrant, il applique le filtre choisi, et te sort un flux allégé avec tes critères. Magique je te dis. Seul inconvénient, il va falloir régler tes flux un par un, à réserver aux plus bavards à mon avis.

- autre solution pour les utilisateurs de Chrome, un petit script qui va tout simplement rajouter un champ dans ton Google Reader, te permettant d'entrer des mots-clés faisant office de filtres. Très pratique aussi, surtout que tu peux filtrer un dossier complet en une seule fois.

- enfin, l'outil très complet Yahoo Pipes qui permet de mixer, trier et filtrer tes flux dans tous les sens. Un peu usine à gaz me diront certains, mais à voir tout de même.

Et maintenant, du classement

Classement

Maintenant que tu n'as gardé que ce qui t'intéresse vraiment, il va falloir ranger un peu.

Il n'y a pas une seule bonne méthode, cela dépend bien sûr de ton propre usage, mais voici quelques idées.

Par priorité

Google Reader te permet de classer les flux dans des dossiers, qui s'apparentent finalement plus à des tags car un même flux peut être rangé dans plusieurs dossiers.

Une bonne idée de rangement peut-être de nommer ces dossiers selon la priorité :

- Favoris : les flux les plus importants, à suivre impérativement chaque jour. Enfin, tu fais comme tu veux, mais ce dossier ne doit pas accumuler les articles non lu

- News, à décliner par exemple par catégorie (News - Web, News - Mobile...) : les flux des sites et blogs d'actualités, pour lesquels tu ne devras pas tarder pour lire les articles sous peine qu'ils soient déjà obsolètes. Si tu ne consultes pas un de ces dossiers pendant un certain temps, tu pourras presque automatiquement utiliser la fonction très pratique de Reader : "Marquer comme lus les éléments antérieurs à une (ou deux) semaines".

Si un de ces dossiers comprend vraiment trop de flux et d'articles, tu peux encore le diviser pour distinguer vraiment les plus importants (ex : News - Mobile 1, News - Mobile 2). Attention cependant au risque de ne plus du tout consulter les dossiers de plus bas niveau.

- Le reste : comprendra les articles plus intemporels, que tu pourras lire sans contrainte de temps. Là encore un sous-classement par catégorie peut être pratique.

Par chronologie de lecture :

Note que tu peux très bien reprendre le classement précédent, mais en nommant carrément tes dossiers selon le moment où tu dois les consulter : quotidien, samedi matin, fin du mois...

Et prévoir dans ton agenda les moments où tu consultes ces flux.

Par catégorie :

Sans doute le classement déjà utilisé par beaucoup d'entre vous. Attention cependant à la tentation de multiplier le nombre de dossiers, et de reporter ainsi le problème du grand nombre de flux.

Choisis des intitulés clairs, sans équivoque. Google Reader ne permet pas de créer des sous dossiers, mais tu peux reprendre l'idée de nommage cité plus haut, par exemple Mobile - iPhone, et Mobile - Android.

Évidemment, ta propre solution idéale pourra être une combinaison des idées précédentes. A toi de voir selon ton usage.

PostRank, un outil indispensable

PostRank Google Reader

Je t'en avais déjà parlé, mais j'insiste un peu car pour moi mon Google Reader ne serait rien sans cette extension. Certains de mes flux comportent énormément d'articles, et PostRank permet de trier en un clic les plus intéressants.

J'entends ton esprit vif et critique me dire que ce n'est pas parce qu'un article est moins populaire qu'il est moins intéressant. Tu as raison, mais je trouve pour autant le classement proposé très pertinent.

Disponible que pour Safari et Chrome malheureusement, désolé pour les Firefox-addict et autres originaux, mais ça vaut vraiment le coup, je t'assure.

 

Toute autre astuce est la bienvenue !

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Soyons polis ! - LeMonde.fr

Soyons polis !

Enquête | LEMONDE | 04.01.12 | 14h44   •  Mis à jour le 06.01.12 | 10h31

 

"Le métro, c'est un peu comme un dîner : avant, il y avait un plan de table, désormais c'est un buffet, avec de la bousculade" confie le sociologue François de Singly.

"Le métro, c'est un peu comme un dîner : avant, il y avait un plan de table, désormais c'est un buffet, avec de la bousculade" confie le sociologue François de Singly.REUTERS/© Benoit Tessier / Reuters

Les sondeurs n'en sont toujours pas revenus. "Dans votre vie personnelle, quel sujet vous cause le plus de difficultés ou de stress ?", demandait l'institut Ipsos à mille personnes, début 2011. Loin devant "l'argent", très attendu, et les classiques "les transports", "le bruit", "le manque de temps", s'est imposée à 60 % une préoccupation nouvelle et massive : "Le manque de savoir-vivre, l'agressivité des gens."

Une société devenue plus violente, où se perd la politesse, se dégradent les rapports sociaux, voilà ce que ressentent les Français, a d'emblée décrypté le département tendances et prospectives de cet institut de sondages. Qui, pour comprendre, a comparé. Aux yeux des Allemands, des Anglais, des Américains, aussi, la politesse se perd. Mais c'est en France que cette évolution est la plus mal vécue. "Peut-être parce que les bonnes manières font partie de notre culture et qu'elles ont toujours été valorisées ?", tentent les experts d'Ipsos. Selon eux, les Français n'auraient qu'une attente : voir leur société se réhumaniser.

Pas étonnant, dans ce contexte, que la RATP ait eu un tel succès avec sa campagne de communication prônant la politesse. Une valeur de retour en grâce. De juin à octobre, la Régie parisienne a dépensé 1,2 million d'euros pour faire réfléchir aux incivilités et tenter d'influer sur les comportements - comme elle le fait régulièrement depuis 1997. Mais, cette fois, il semble qu'elle ait parlé à qui voulait entendre.

En interne, une enquête d'opinion a exposé "la souffrance des agents confrontés aux incivilités au quotidien", raconte la directrice communication et marque de la Régie, Isabelle Ockrent. En externe, un autre sondage a montré "un malaise des voyageurs face à ces phénomènes quotidiens banals". S'en est suivie une campagne d'affichage montrant l'animalité des rustres, du paresseux qui se prélasse sur le strapontin au buffle qui bouscule pour entrer dans une rame. Puis des rencontres personnels-voyageurs dans les gares. Un colloque sur le vivre-ensemble. Et enfin la création du site Internet participatif Chervoisindetransport.fr, qui invitait à s'exprimer avec humour sur les incivilités.

Sans aucune publicité, le site a créé le "buzz" au-delà des espérances : 150 000 visiteurs uniques. Et surtout 1 130 anecdotes déposées. Pour certaines, savoureuses : "Mon cher voisin de transport, n'oublie pas d'adresser mes amitiés à Maurice, Antoine, Nathalie et Claire quand tu les verras en sortant. Non, je ne les connais pas... Mais, quelque part, ce sont aussi un peu mes amis maintenant qu'on a tous partagé ta grande conférence métro-téléphonique." N'a-t-on pas mille fois pensé de même ?

La RATP a demandé à deux sociologues, Julien Damon, professeur associé à Sciences Po, et Pierre-Yves Cusset, qui travaille sur le lien social, de se pencher sur ces témoignages. Leur analyse est reprise dans un livre blanc qui doit être publié début janvier sur le site Ratp.fr. Avec dix millions de voyageurs chaque jour, "métros et RER forment un miroir grossissant de phénomènes et d'évolutions plus larges, estime Julien Damon. Le sentiment diffus d'un délitement du lien social doit beaucoup à l'expérience quotidienne que l'on fait de ces lieux de passage". Autre évidence selon eux, le succès du site montre que "les Français semblent en demande d'autorité, en attente de davantage de règles dans la vie collective".

Crachats, pieds sur les banquettes, conversations téléphoniques à haute voix, musique qui s'échappe du baladeur, manque de courtoisie pour la femme enceinte ou la personne âgée, bousculades, invectives, tags, fraudes, portes retenues pour le copain, strapontin occupé en période d'affluence, parfum trop capiteux ou, au contraire, manque cruel de déodorant... Interminable, la liste des incivilités narrées par les internautes recouvre des phénomènes disparates, du simple impair aux violences verbales ou physiques proches du délit. "Mon cher voisin de transport, j'aime à penser que, lorsque tu essaies de monter dans la rame avant que les gens aient pu descendre, cela témoigne davantage d'une certaine forme de caractère, d'une volonté d'être à contre-courant, que d'un esprit par trop étroit et mesquin", lit-on.

Et encore : "Mon cher voisin de transport, je trouve magnifique que vous puissiez encore vous émerveiller devant la parfaite crotte de nez que vous venez d'extraire de vos naseaux. Mais je trouve scandaleusement irrespectueux de l'écraser ensuite sur le siège voisin et de poursuivre votre mission spéléologique alors même que je vous fixe avec dégoût et effroi."

Ce millier de petites et grandes exaspérations, Julien Damon et Pierre-Yves Cusset les ont très scientifiquement classées en cinq catégories. Les incivilités liées à la gestion du mouvement, qui croissent lorsque les flux de circulation augmentent. Comme cette technique qui consiste à entrer dans la rame bondée à reculons en s'appuyant de la main sur le panneau au-dessus de la porte - jugée détestable par ceux-là mêmes qui l'emploieront après avoir laissé passer quatre rames. Viennent ensuite les incivilités liées à la manifestation de fonctions physiques (se curer les oreilles, le nez, cracher, manger, se couper les ongles, éternuer, etc.), désormais taboues après des siècles de "civilisation" des moeurs, remarque Julien Damon. Les conflits de territoires ("Cher voisin de transport, sauf erreur de ma part, ton chihuahua n'a pas droit à une place assise. La prochaine fois, si tu ne le ranges pas, je m'assois dessus.") qui rythment la vie quotidienne urbaine. Le brouillage de frontière entre espace public et espace privé (se maquiller, utiliser son téléphone portable...), témoignant d'un haut degré d'individualisation. Et enfin le non-respect des rituels d'interaction : demander une place de manière impolie, oublier les "pardon", "merci".

Ces "incivilités" sont-elles pour autant en croissance ? Difficile à mesurer. Le mot, expliquent les deux sociologues, a commencé d'être employé par les criminologues dans les années 1990 pour désigner tous ces petits troubles de la vie en société qui peuvent aboutir à des phénomènes plus graves et font croître le sentiment d'insécurité. Mais dont les contours sont bien trop flous pour que l'on puisse sérieusement jauger leur évolution. Peu importe : les Français les perçoivent comme en augmentation. Les sociologues, eux, débattent, selon Julien Damon, d'une éventuelle dé-civilisation des moeurs. "D'une régression dans ce "processus de civilisation" décrit par le sociologue Norbert Elias, qui repose sur la domestication de l'agressivité et sur l'adoption de convenances dressant entre les corps une frontière invisible."

Indéniablement, la déshumanisation des espaces publics joue. Moins de personnel responsable du lieu, c'est à coup sûr davantage de dégradations. "Nous sommes de plus en plus mobiles et pressés, poursuit le sociologue, donc de plus en plus nombreux et énervés dans les transports où nous côtoyons des gens très différents de nous, et où nous séjournons davantage, alors que, tous, nous sommes dans une quête du temps tranquille. De moins de ce "vivre-ensemble" avec lequel on nous bassine mais que nous ne souhaitons pas vraiment."

François de Singly, directeur du Centre de recherches sur les liens sociaux (CNRS-université Paris-Descartes), a participé au colloque de la RATP sur le sujet. Il prend du champ dans l'analyse. "On parle des incivilités comme s'il était question de règles universelles, "a-historiques". Mais la politesse, ce sont des codes hautement variables dans le temps !" Lorsqu'il laisse sa place à une mère accompagnée d'un enfant de 5 ans, et qu'au lieu de s'asseoir elle installe l'enfant, ce sociologue de la famille est aussi choqué que devant un ado qui fait résonner sa musique dans le métro.

"Dans mon éducation, l'enfant était celui qui devait céder sa place. Même chose pour la galanterie, complètement disparue. Le genre n'existe plus dans l'espace public ! Et le sexagénaire qui n'a pas forcément envie qu'on lui cède une place, pour qui ce serait vexant !" Les règles de politesse, comprend-on, sont troublées parce qu'elles sont une régulation en fonction du genre et de l'âge, et que les individus ont changé de statut. "Le métro, pour François de Singly, c'est un peu comme un dîner : avant, il y avait un plan de table, désormais, c'est un buffet, avec de la bousculade."

La RATP n'est pas seule dans cette croisade contre les incivilités. La Poste, la SNCF, la CNAF, l'AP-HP, la Mairie de Paris, McDonald's, Air France, Casino ou la BNP, elles sont une trentaine d'entités à se réunir une fois par mois, depuis un an. Leur problème commun : le face-à-face avec les clients ou les usagers qui dégénère trop souvent. Ce nouveau club interentreprises tâtonne pour trouver les bonnes pratiques susceptibles de désamorcer l'agressivité, et surtout de l'empêcher de naître.

"Nous cherchons les causes de cet échec de la relation clients. Car nous admettons que certains de nos modes de fonctionnement puissent involontairement produire les ingrédients de l'incivilité" : Etienne Ignatovitch, à La Poste, est directeur de la prévention des incivilités, une fonction créée en 2008. "On parlait stratégie, les managers de terrain nous répondaient "incivilités". Ils étaient éprouvés, ils vivaient mal leur métier. Selon les études, 16 % des personnes qui accueillent le public en première ligne sont au moins une fois par jour victimes d'incivilités."

Un virement sur un compte nécessitant un petit délai technique, ou même simplement une couleur de timbre qui n'est pas celle désirée, et montent les propos méprisants, quand ce ne sont pas les menaces de mort... Ces deux dernières années, pour faire face, 8 000 postiers ont reçu une formation comportementale. Les bureaux ont été repensés en "espaces services" où l'on vient à la rencontre des clients, afin de leur éviter l'attente. A La Poste, le manque de savoir-vivre aura eu un mérite. Celui d'améliorer la qualité de service.

Pascale Krémer

Article paru dans l'édition du 06.01.12

 

Conseils de psys pour optimiser 2012 - LeMonde.fr

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Conseils de psys pour optimiser 2012

 

Ralentir la cadence

Béatrice Copper-Royer est psychologue clinicienne, auteur de "Vos enfants ne sont pas des grandes personnes"

"Allez, allez, on se dépêche, habille-toi en vitesse, accélère, on va être en retard !" Quel parent n'a pas prononcé un jour ces mots-là ? Des tout petits mots de tous les jours, pas bien méchants, mais qui finissent par faire quand même quelques dégâts. Car, n'ayant pas une minute à perdre, les parents fixent souvent un tempo qui n'est pas adapté aux rythmes et aux besoins de l'enfant et qui, en fin de compte, a pour résultat de l'épuiser. Certains sont rapides et vont, sans trop de peine, suivre le mouvement. D'autres, la tête dans les étoiles, sont rarement là où on les attend et voudraient bien prendre leur temps... Ceux-là souffrent de cette course contre la montre et finissent d'ailleurs, dans une sorte de protestation muette et douloureuse, par se ralentir davantage !

Alors, si cette année on se calmait, si on ralentissait la cadence ? Parfois, il suffit d'un rien, d'un réveil avancé d'un quart d'heure le matin. Des petits riens, mais qui vont faire du bien !

Croire en son ado

Xavier Pommereau est psychiatre, auteur de "Nos ados.com en images" Misez sur les compétences de l'adolescent plutôt que de toujours souligner ses insuffisances. A quoi s'intéresse-t-il ? En quoi semble-t-il doué ? Qu'aimerait-il faire ? Des questions essentielles que l'on doit se poser à l'heure où - crise oblige - la motivation et les capacités d'adaptation font déjà la différence avec la seule acquisition des diplômes. Parents, n'ayez plus le nez dans le guidon scolaire. Si la réussite des études est au rendez-vous, tant mieux ! Mais lorsqu'elle ne l'est pas, ou qu'elle ne correspond pas à nos attentes, osons interroger nos propres exigences. Ne sommes-nous pas dans la quête fébrile de résultats comme ces agences de notation dont nous dénonçons le diktat ? Osons nous poser calmement toutes ces questions, et portons un autre regard sur notre ado, ses besoins, ses envies, ses projets. Et lorsque lui-même semble ne s'intéresser à rien, au lieu de le traiter d'incapable ou de fainéant, acceptons de penser qu'il se cherche, qu'il craint de nous décevoir ou qu'il ne connaît pas encore l'étendue de ses propres ressources. C'est alors à nous de l'aider à les découvrir, et surtout de dire tout haut le bien que l'on pense tout bas de ses succès et de ses engagements.

Combattre le sexisme

Sophie Marinopoulos est psychologue clinicienne et psychanalyste, auteur de "Combattre les petites philosophies du pénis"

Comme nous avons traversé la moitié de 2011 en conflit - larvé puis ouvert - dans les relations hommes-femmes, le tout sur fond de mauvais feuilleton médiatique, violence verbale, propos sexistes, nous pourrions convenir que ce sujet est LE sujet à prendre à bras-le-corps pour 2012.

Remettre au coeur de nos préoccupations un bien-vivre-ensemble en tenant compte de nos différences ne serait pas inutile, avec, comme premier niveau d'engagement, la volonté de prendre le temps d'écouter l'autre, de ne pas chercher à l'annuler ou à le discréditer, en vue de le comprendre. Ne devenons pas altérophobe.

A un niveau tout autre, afin de préparer les générations futures à notre égalité dans tous les domaines, cessons d'énoncer chaque jour des stéréotypes sexistes qui viennent implicitement nourrir la pensée de nos enfants de représentations qui auront la vie dure. Contentons-nous de combattre ces petites paroles malheureuses mille fois entendues : "Arrête de pleurnicher comme une fille", "c'est un vrai garçon manqué", "il faut tout le temps qu'il s'agite, c'est bien un garçon ". Une promesse finalement facile à tenir, non ?

Prendre du temps pour soi

Serge Hefez est psychiatre et psychanalyste, auteur de "Scènes de la vie conjugale"Aujourd'hui, dans la plupart des couples, les deux partenaires pratiquent une valse-hésitation entre une aspiration à la fusion et un puissant désir d'autonomie. Cette quadrature du cercle n'est évidente pour personne, mais le lien conjugal est devenu le fusible idéal lorsque nous nous sentons menacés par l'insatisfaction. Les magazines prônent le dialogue, l'attention, les moments exceptionnels de surprise partagée, et ces directives sont bien sûr pleines de bon sens. Mais c'est aussi, et parfois avant tout, l'excès de fusion qui exaspère les "individus individualisés" que nous sommes devenus. Mon conseil irait donc plutôt à rebrousse-poil : développez votre vie personnelle, vos goûts, vos lectures, vos aptitudes sportives, vos aspirations culturelles ; engagez-vous dans un groupe, une association, un parti ; retrouvez le plaisir d'être vous-même, et proposez à l'autre un amoureux accompli pour qui le couple n'est pas une béquille.

Viser les petits engagements

Michel Lejoyeux est professeur de psychiatrie et d'addictologie et auteur de "Changer... en mieux"

Dans le domaine du travail, comment s'adapter à ce que nous imposera la crise, l'évolution technologique et bien d'autres surprises que nous réserve 2012 ? Peut-être en évitant le syndrome dit "de l'imposteur" et en commençant à se trouver légitime dans les tâches que l'on accomplit et les missions que l'on assume. Pourquoi ne pas décider, en début d'année, de "mieux" travailler, c'est-à-dire de défendre farouchement, face aux exigences de productivité ou d'efficience, son espace intime, sa vie personnelle, amoureuse, familiale et artistique.

Préparons aussi les temps partagés avec nos familles, nos amours, nos enfants avec autant de sérieux et de concentration que nous mettons au travail. Et préférons les "petits" engagements, les défis que l'on relève en une journée aux grandes déclarations d'intention, rarement suivies d'effet.

L'art français de la pause

Christophe André est psychiatre, auteur de "Méditer jour après jour"

Comme notre corps aspire au repos après un effort, notre cerveau a besoin de pauses dans un monde professionnel surchargé en informations, sollicitations, interruptions, accélérations. Après avoir rédigé un rapport, participé à une réunion, il est important de s'accorder quelques minutes de pause avant de passer à la tâche suivante. Mais il y a pause et pause. Si nous sautons alors sur notre téléphone, envoyons un SMS, nous n'avons pas fait de pause. Nous sommes juste passés d'une activité obligatoire - travailler -, à une activité choisie - se détendre. On fatigue juste son cerveau autrement.

Faire une pause, une vraie, c'est ne rien faire, sinon prendre le temps de se sentir vivant : respirer calmement une ou deux minutes ; s'étirer doucement ; aller marcher, en sentant chacun de ses pas ; regarder le ciel. Les périodes d'apparent repos cérébral représentent des états précieux, durant lesquels nos contenus mentaux se réorganisent. Ces temps de récupération et de fécondité sont actuellement menacés : nous dormons de moins en moins, nous avons de moins en moins de moments de calme et de lenteur. En 2012, cultivons donc l'art ancestral et vital de la pause !

Propos recueillis par Martine Laronche

Article paru dans l'édition du 05.01.12

 

«Impacter», «Moody’s», «juste»... les mots que vous voulez voir disparaître en 2012 - Libération

VOUS Le 23 décembre 2011 à 11h07

«Impacter», «Moody’s», «juste»... les mots que vous voulez voir disparaître en 2012

147 commentaires

Par LIBÉRATION.FR

Petite sélection du forum Libé sur les mots et anglicismes sur-employés, sur-médiatisés et que vous souhaiteriez ne plus entendre.

Solutionner

Un verbe horrible que beaucoup emploient car ils sont incapables de conjuguer (ou de faire l'effort) le verbe résoudre.

Loucouhet

C'est vrai que

Effectivement

En fait

Absolument

Tout-à-fait

Compliqué (au lieu de difficile)

Ecoutez (comme réponse à une question)

Montseny

 

Une floppée

AAA, crise, les français issus de l'immigration, que du bonheur, Sarkozy, Guéant, Merkel, juste, consommation, économiste, banquier, football, buzz, sur le net, Bettencourt, top-model, régime, lol, seuil de pauvreté, riches, traders, Nafissatou Diallo, DSK, réchauffement climatique,

J'en oublie...

Jazz

«Impacter»... qui ne veut rien dire

Seydou

Trois mots

- Moody's

- Standard&poor's

- Fitch

Annekrum93

«Au jour d'aujourd'hui»

La pire expression à mon goût...
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Miaou_grrr

Opportunité!

Je ne veux plus entendre «opportunité» à toutes les sauces, ni tous ces mots en anglais d'élèves d'école de commerce, toutes ces enseignes de magasin en pidgin english. Je n'en peux plus.

Tumiac

«En toute transparence»: plus on l'emploie, plus ça devient opaque

Lilirose

Ne plus dire SUR Paris, SUR Lyon, SUR La Rochelle... Mais A Paris, à Lyon, à La Rochelle! Et puis, pour ceux qui voyagent ne plus dire J'AI FAIT la Tunisie, j'ai fait le Maroc et j'ai fait la Nouvelle-Calédonie... J'ai pas raison?

JoelafrittedeParis

«Physiquement intelligente»

L'insulte suprême pour parler d'une collègue ou employée en la ramenant à son seul physique. Insupportable!

Fanny13

 

«Quelque part»

Oh celui-là, quand ça commence, il y en a un toutes les deux phrases! Boboïsme incontournable qui voudrait exprimer «quelque part» la profondeur de la réflexion de l'auteur. Quelque part, ça me gonfle.

Yves1200

Improbable

J'ai fait une rencontre «improbable», il était habillé de facon «improbable»... Adjectif mal employé apparemment très prisé des journalistes

Kael

S.D.F

Retraite chapeau

U.M.P

Récidive

Deplume

Sarkozy

J'en ai ras le bol d'entendre tous les jours «Sarkozy», ça fait peur à ma fille

Econdor

«Ça me gonfle»: insupportable

MadameGaston

C'est «juste» insupportable...

N'avez-vous pas remarqué cette nouvelle expression présente dans beaucoup de bouches françaises, ce fameux «juste» exaspérant qui me fait dresser le poil à chaque fois qu'il est prononcé... Souvent utilisé par une catégorie de personnes ayant un haut niveau d'études, ou du moins qui veulent le faire croire, qui ont fait quelques bribes d'anglais au lycée et/ou qui ont eut l'occasion de le pratiquer dans leur milieu professionnel, cette expression bobo veut calquer le très londonnien «it's just...» à la langue de Molière... Qu'en pensez-vous?

Djafino

 

 

PAS GOLD – Les lingots d’or du RER B sont des faux - Big Browser

AFP/INDRANIL MUKHERJEE

La RATP et le conducteur de la rame du RER B qui devaient se partager les lingots d'or découverts vendredi dans une rame du RER B doivent faire une drôle de tête. Le trésor de Palaiseau, qui suscite rêves et interrogations depuis quatre jours, est en réalité un faux, a annoncé mardi la police.

La police de Palaiseau avait été appelée vendredi pour un colis suspect sur une rame du RER B et, après intervention du service de déminage, environ 20 kilos de ce qui ressemblait à des lingots d'or avaient été découverts dans une valise.

Durant tout le week-end, les spéculations sont allées bon train sur les raisons de l'abandon de la valise et le conducteur avait pu rêver d'une nouvelle vie, la loi lui promettant la moitié du trésor estimé à 800 000 euros si son propriétaire ne le réclamait pas.

L'hypothèse d'une escroquerie

La commissaire Lénaig Le Bail a douché mardi ces espoirs. "L'expertise a pu démontrer ce matin qu'il ne s'agissait pas d'or. Il s'agit de lingots de métal, mais les analyses ne permettent pas encore de déterminer quel genre de métal c'est", a-t-elle déclaré à Reuters.

"Ils ont simplement été recouverts par électrolyse d'une fine couche dorée qui contiendrait certainement une infime quantité d'or, mais quand on gratte un peu on se rend compte que ce n'est pas de l'or", a-t-elle ajouté.

L'enquête se poursuit pour déterminer l'origine des lingots et l'utilité qu'ils auraient pu avoir. L'hypothèse d'une escroquerie est envisagée.

Emettre des hypothèses :

McDonald's condamné à verser 250 000 euros à une ex-cadre - LeMonde.fr

Accueil > Société

McDonald's condamné à verser 250 000 euros à une ex-cadre

LEMONDE.FR avec AFP | 03.01.12 | 20h15   •  Mis à jour le 03.01.12 | 20h37

A Guingamp, un McDonald's n'a pas payé, pendant quatre ans, les heures supplémentaires d'une jeune cadre qui travaillait presque sept jours sur sept.

A Guingamp, un McDonald's n'a pas payé, pendant quatre ans, les heures supplémentaires d'une jeune cadre qui travaillait presque sept jours sur sept. REMY GABALDA / AFP

 

 

Un franchisé de la chaîne de restauration rapide McDonald's en Bretagne a été condamné par les prud'hommes à verser la somme record de 250 000 euros à une ex-cadre qui avait accumulé quatre ans d'heures supplémentaires impayées, a déclaré mardi 3 janvier la CFDT.

Embauchée en 1999, la plaignante avait gravi les échelons jusqu'à devenir directrice de filiale pour ce franchisé, qui exploite quatre établissements dans les Côtes-d'Armor, notamment à Guingamp.

Dans ces nouvelles fonctions, "de 2006 à août 2009, elle doublait régulièrement son temps de travail, venant parfois à 5 heures du matin pour ne finir qu'à minuit, le tout sans aucune compensation", a expliqué Mado Le Faucheur, défenseure syndicale CFDT.

Dans un jugement rendu le 6 décembre et rapporté par le site du quotidien régional Ouest-France mardi, les prud'hommes ont alloué à l'ex-cadre quelque 120 000 euros au titre des heures supplémentaires et 130 000 pour les jours compensatoires, a précisé Mme Le Faucheur.

"L'EMPRISE TOTALE DE L'ENTREPRISE"

La jeune cadre, qui travaillait "presque toujours sept jours sur sept", "était soumise à des pressions énormes et se trouvait sous l'emprise totale de l'entreprise, ne réalisant même pas ce qui lui arrivait", a indiqué Mme Le Faucheur. Elle avait finalement quitté McDonald's à la suite d'une grave dépression.

Selon Ouest-France, le restaurant a fait appel du jugement prud'homal. En 2009, McDonald's avait été condamné au Japon à verser l'équivalent de 50 000 euros à un employé à qui il faisait effectuer des heures supplémentaires non payées depuis des années. La même année, toujours au Japon, une gérante du McDonald's âgée de 41 ans était morte d'une hémorragie cérébrale due au surmenage, selon l'administration du travail. Elle avait travaillé plus de quatre-vingts heures supplémentaires par mois au cours des six mois précédant son attaque.